Ce qui s’est passé
Le 29 octobre 2026, le tribunal de La Spezia, en Italie, a rendu une décision d’urgence contre Meta Platforms Ireland, la société qui gère Facebook et Instagram en Europe. Le juge lui ordonne de retirer de fausses publicités qui utilisaient le visage et la voix de Salvatore Gaziano, un conseiller financier connu, pour attirer les gens vers des groupes WhatsApp tenus par des escrocs. Selon le Corriere della Sera, il avait signalé environ 5 800 annonces de ce type.
Le point nouveau tient en une ligne : le juge ne demande pas seulement de supprimer les annonces signalées. Il impose aussi des mesures de filtrage pour empêcher que les mêmes contenus soient republiés. Une audience doit confirmer la décision le 10 décembre.
Ce que dit la loi
La Cour de justice de l’Union européenne a déjà jugé en 2019 qu’un tribunal peut ordonner à un hébergeur de retirer non seulement un contenu illicite, mais aussi les contenus identiques ou équivalents (arrêt C-18/18). En France, diffuser sans son accord une vidéo ou un son généré par IA qui reprend le visage ou la voix d’une personne est puni par l’article 226-8 du Code pénal, et se faire passer pour quelqu’un en ligne par l’article 226-4-1. Le règlement européen sur les services numériques (DSA) oblige enfin les plateformes à offrir un moyen de signaler un contenu illicite et à traiter chaque signalement avec diligence.
Ce que ça change pour vous
Ces fausses publicités ne visent pas que les personnalités. Un médecin, un artisan, un coach ou un dirigeant de PME peut voir son visage servir à vendre un faux placement. Sans aller devant un juge, il faut d’abord retrouver toutes les annonces : la bibliothèque publicitaire de Meta montre celles d’un même annonceur, même quand elles ne s’affichent plus dans votre fil. Chaque annonce se signale une par une, en gardant son numéro et une capture datée. Si Meta refuse, sa décision peut être contestée gratuitement devant un organisme de règlement des litiges agréé au titre du DSA.
Nous agissons pour faire retirer ces annonces à la place des personnes touchées, et nous relançons tant qu’elles reviennent.
Si ça vous arrive
- Votre visage dans une fausse publicité
- Deepfake de dirigeant et arnaque au président
- Garder les preuves avant de signaler
Un faux circule déjà ? Un dossier ouvert, un interlocuteur dédié dans l’heure.
Sources
- Corriere della Sera, 31 octobre 2026 (en italien)
- Il Sole 24 Ore, 30 octobre 2026 (en italien)
- Cour de justice de l’Union européenne, arrêt du 3 octobre 2019, Glawischnig-Piesczek, C-18/18 (EUR-Lex)
- Code pénal, articles 226-8 et 226-4-1 (Légifrance)
- Règlement (UE) 2022/2065 sur les services numériques, articles 16 et 21 (EUR-Lex)