Sommaire
Identifiez votre situation
- Un e-mail affirme avoir piraté votre webcam ou votre ordinateur et réclame des cryptomonnaies, parfois en citant un ancien mot de passe. Dans la grande majorité des cas, c'est du bluff envoyé en masse : il n'y a aucune vidéo. Ne payez pas, changez le mot de passe cité s'il est encore utilisé, et supprimez le message après l'avoir signalé.
- Vous avez échangé des images ou fait un appel vidéo intime avec quelqu'un rencontré en ligne, qui menace maintenant de tout envoyer à vos proches. C'est le cas le plus fréquent de sextorsion « réelle ». Suivez les étapes ci-dessous.
- On vous menace avec une image truquée par IA fabriquée à partir de vos photos publiques. Elle est fausse, mais la menace est réelle : mêmes étapes, et voir aussi photo nue truquée.
- Un ex-partenaire menace de publier des images que vous lui aviez confiées. Mêmes étapes ; si vous vous sentez en danger, appelez le 17. Si cela s'inscrit dans des violences conjugales, le 3919 (Violences Femmes Info) peut vous écouter et vous orienter.
Les 8 étapes
- Ne payez pas. Les maîtres-chanteurs qui ont été payés reviennent presque toujours avec une nouvelle demande. Si vous avez déjà payé, ne versez rien de plus et prévenez votre banque immédiatement.
- N'envoyez plus rien : ni image, ni argent, ni information personnelle.
- Gardez les preuves avant de bloquer : captures d'écran de la conversation, du profil (identifiant, adresse de la page), des demandes d'argent, des moyens de paiement réclamés (IBAN, portefeuille crypto, cartes prépayées). Ne supprimez pas la conversation.
- Cessez tout contact et bloquez le compte sur toutes les plateformes, puis signalez-le sur la plateforme où il vous a contacté, au motif du chantage ou de l'exploitation sexuelle.
- Verrouillez vos comptes : passez-les en privé, masquez votre liste d'amis ou d'abonnés (c'est elle que le maître-chanteur utilise pour menacer), changez vos mots de passe et activez la double authentification.
- Protégez vos images avec StopNCII.org si vous avez les images et que vous êtes majeur(e) dessus : l'outil crée sur votre appareil une empreinte numérique (l'image n'est pas envoyée) que les plateformes partenaires utilisent pour bloquer leur publication, y compris avant toute diffusion. Il fonctionne aussi pour les images truquées par IA.
- Faites-vous aider et portez plainte si vous le souhaitez :
- 17Cyber vous oriente 24 h/24 et, dans les cas graves, vous met en relation avec un policier ou un gendarme ;
- la plainte en ligne THESEE couvre le « chantage en ligne avec demande d'argent » pour les personnes majeures ; vous pouvez aussi porter plainte au commissariat ou à la gendarmerie ;
- Info Escroqueries : 0 805 805 817 (gratuit, du lundi au vendredi, 9 h – 18 h 30) ;
- France Victimes : 116 006 (gratuit, 7 j/7) pour un accompagnement.
- Si les images sont publiées, signalez chaque publication au motif du contenu intime non consenti, faites-les retirer de Google et signalez-les sur Pharos. Voir leak : que faire et nos modèles de demande de retrait.
Ce qu'il ne faut pas faire
- Payer « une dernière fois ».
- Supprimer la conversation ou votre compte avant d'avoir gardé les preuves.
- Envoyer les images à quelqu'un, y compris à un service qui promet une suppression garantie contre paiement.
- Rester seul(e) : en parler à une personne de confiance réduit le pouvoir de la menace, qui repose sur la honte et l'isolement.
Ce que dit la loi
Obtenir de l'argent en menaçant de révéler des faits portant atteinte à l'honneur d'une personne est un chantage, puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 € d'amende (article 312-10 du Code pénal). Si les images sont diffusées, s'y ajoute la diffusion sans consentement d'un contenu à caractère sexuel (article 226-2-1), et pour un montage ou un contenu généré par IA, l'article 226-8-1. Selon les faits, d'autres qualifications (extorsion, escroquerie) peuvent s'appliquer. Pour savoir quelles suites donner dans votre cas, adressez-vous à un avocat : cette page n'est pas un conseil juridique.
Si les images ont été publiées
Si les images, vraies ou truquées, ont été diffusées, nous nous chargeons de les faire retirer : constat, signalements au bon motif, hébergeurs, Google et recherche des copies chaque semaine, sans que vous ayez à revoir le contenu. Voir notre service pour faire supprimer des images intimes ou contenus leakés, ou pour faire supprimer un deepfake s'il s'agit d'un montage. Nous ne traitons pas les dossiers de mineurs : le 3018 est là pour cela.
Voir les tarifsFAQ
Faut-il payer en cas de sextorsion ?
Le maître-chanteur va-t-il vraiment envoyer les images à mes proches ?
J'ai reçu un e-mail disant que ma webcam a été piratée, est-ce grave ?
Peut-on porter plainte en ligne pour sextorsion ?
Les images sont fausses (deepfake), est-ce quand même de la sextorsion ?
Je suis mineur(e), que faire ?
Sources
- Cybermalveillance.gouv.fr, « Que faire en cas de sextorsion ? »
- Cybermalveillance.gouv.fr, « Chantage à la webcam ou à l'ordinateur prétendus piratés, que faire ? »
- Ministère de l'Intérieur, THESEE
- Cybermalveillance.gouv.fr, lancement de 17Cyber
- Caf.fr, « 3018, le numéro d'e-Enfance » (horaires, canaux, retrait de contenus)
- StopNCII.org, FAQ
- Code pénal, article 312-10
- Service-public.fr, annuaire, Info Escroqueries
- Pharos