Aide · Deepfake : que faire ?

Un deepfake de vous circule ? Voici quoi faire.

Vous n'êtes pas sans recours. Voici, dans l'ordre, ce qui protège le mieux : vos preuves, vos signalements, vos droits, et ce que nous pouvons faire à votre place.

Comment savoir si vous êtes visé(e)

Un deepfake est un contenu fabriqué ou modifié par IA qui vous montre dans une situation qui n'a jamais existé. Les signes les plus fréquents :

  • un proche, un collègue ou un abonné vous envoie un lien ou une capture « étrange » ;
  • des messages inhabituels arrivent, parfois accompagnés d'une demande d'argent ;
  • une recherche de votre nom ou de votre photo fait apparaître des pages inconnues ;
  • un compte inconnu publie des images de vous que vous n'avez jamais prises.

Si vous n'avez jamais tourné cette scène ni prononcé ces mots, c'est un faux. Vous n'avez pas à le « prouver » techniquement pour le signaler : l'absence de consentement suffit.

Les 7 premiers réflexes

  1. Mettez-vous en sécurité. En cas de menace, appelez le 17. En cas de chantage, ne payez pas et ne négociez pas : cela n'entraîne presque jamais la suppression.
  2. Conservez les preuves avant que le contenu ne bouge :
    1. Copiez l'adresse exacte (URL) de chaque page, publication ou compte concerné.
    2. Faites une capture d'écran où l'on voit le contenu, l'adresse et si possible la date. Ne téléchargez pas et ne partagez pas le contenu lui-même.
    3. Notez qui l'a publié : nom du compte, identifiant, date de publication, commentaires utiles.
    4. Gardez les messages si quelqu'un vous a contacté (menaces, demande d'argent). Ne les effacez pas.
  3. Signalez le contenu et le compte sur la plateforme qui l'héberge, avec le motif le plus précis : contenu intime non consenti, contenu truqué, usurpation d'identité ou harcèlement.
  4. Faites-le retirer de Google. Google a un formulaire dédié aux contenus sexuels truqués, et d'autres pour les informations personnelles. Voir notre guide Google.
  5. Utilisez les recours si la plateforme refuse ou ne répond pas : recours interne prévu par le DSA, puis signalement sur Pharos pour les contenus manifestement illicites.
  6. Décidez si vous portez plainte. C'est votre choix. Vous pouvez être accompagné(e) gratuitement par France Victimes au 116 006, ou conseillé(e) par un avocat.
  7. Surveillez les copies. Recherche de votre nom, recherche par image : chaque nouvelle copie se traite comme la première.

Pourquoi les signalements échouent souvent

Les signalements échouent rarement parce que la demande est infondée. Ils échouent parce que :

  • le mauvais motif est choisi (« contenu inapproprié » au lieu d'« usurpation » ou de « contenu intime non consenti »), et la demande part dans une file automatique ;
  • la plateforme demande une preuve d'identité et la demande s'arrête là ;
  • le contenu a été copié ailleurs : on le retire à un endroit, il reste à dix autres ;
  • personne ne relance ni n'utilise le recours interne que les grandes plateformes doivent proposer depuis le règlement européen DSA.

Ce qui se passe quand on laisse faire

  • Le contenu est recopié sur d'autres sites, puis indexé par les moteurs de recherche sous votre nom.
  • Il ressurgit au moment d'un entretien d'embauche, d'une rencontre ou d'un contrat.
  • Il peut servir de base à du harcèlement ou à la divulgation de vos coordonnées.
  • Le poids psychologique s'alourdit : parlez-en, et n'hésitez pas à demander un soutien professionnel.

Ce que dit la loi

Diffuser sans consentement un contenu généré par IA qui représente une personne, quand son caractère artificiel n'est pas évident ni signalé, est puni d'un an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende, et de deux ans et 45 000 € lorsqu'il est diffusé en ligne (article 226-8 du Code pénal). Pour un contenu à caractère sexuel, c'est un délit même s'il est présenté comme truqué (article 226-8-1). Tout comprendre sur la loi.

Porter plainte est un droit, au commissariat, à la gendarmerie ou par courrier au procureur de la République. Ce n'est pas obligatoire pour obtenir un retrait, mais c'est la seule voie pour faire identifier et poursuivre l'auteur. Un avocat peut vous dire si c'est pertinent dans votre cas. Notre dossier de preuves peut être joint à votre plainte.

Vous n'avez pas à faire tout ça seul(e)

Nous repérons, constatons, signalons et relançons pour vous, puis nous surveillons que le contenu ne revient pas. Signalements illimités, un seul abonnement.

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Parlez-nous en toute confidentialité

Décrivez-nous votre situation en quelques lignes. Nous vous répondons avec une première évaluation gratuite de ce qui peut être fait.

  • Réponse sous 24 heures ouvrées
  • Strictement confidentiel
  • Sans engagement

N'envoyez jamais d'image intime. Un lien ou une description suffit.

Questions fréquentes

Un deepfake de moi circule, que faire en premier ?
Gardez les preuves (adresse de la page et capture d'écran), puis signalez le contenu et le compte sur la plateforme avec le motif le plus précis. Ne répondez pas à l'auteur et ne payez jamais.
Comment savoir si je suis victime d'un deepfake ?
Le plus souvent, quelqu'un vous alerte, ou une recherche de votre nom ou de votre photo fait apparaître un contenu que vous n'avez jamais produit. Une recherche régulière de votre nom et de votre image permet de le repérer plus tôt.
Combien de temps faut-il pour supprimer un deepfake ?
Sur les grandes plateformes, souvent de quelques heures à quelques jours quand le signalement est fait au bon motif. Les petits sites, forums et hébergeurs étrangers demandent davantage de relances.
Le deepfake est sur un site étranger, peut-on agir ?
Souvent, oui : les sites accessibles en Europe sont soumis au DSA, l'hébergeur du site peut être contacté, et Google peut déréférencer la page même si elle reste en ligne.
Puis-je faire supprimer un deepfake sans avocat ?
Oui. Les signalements aux plateformes et à Google ne nécessitent pas d'avocat. Un avocat est utile si vous voulez porter plainte avec constitution de partie civile ou obtenir réparation.
Que faire si le deepfake réapparaît ?
C'est fréquent : il faut traiter chaque nouvelle copie et surveiller dans la durée. C'est le cœur de notre abonnement.
Comment me protéger à l'avenir ?
Limitez les photos de vous en haute définition accessibles publiquement, passez vos comptes en privé si possible, et mettez en place une surveillance de votre nom et de votre image.

Sources et références

  1. Google, « Supprimer des contenus à caractère sexuel vous concernant de la recherche Google »
  2. StopNCII.org, outil de blocage des images intimes par empreinte numérique
  3. Pharos, plateforme officielle de signalement des contenus illicites