Ce qui s’est passé
Le centre de réflexion allemand Agora Digital Transformation a publié en octobre 2026 un audit sur les deepfakes pornographiques visant les membres du Parlement européen. Entre le 26 et le 30 septembre, ses auteurs ont cherché les noms des 720 eurodéputés sur 200 sites connus pour diffuser ce type d’images. Résultat : 50 eurodéputés, 46 femmes et 4 hommes, apparaissent dans ces contenus ou y sont associés, soit environ une eurodéputée sur six.
Huit d’entre elles, toutes des femmes, sont représentées sur des images sexuelles truquées encore en ligne. Pour 22 autres, des pages affichent leur portrait officiel à côté d’un lien vers une application qui « déshabille » une photo. L’étude relève surtout un problème que nous voyons chaque semaine : les résultats de recherche restent. Google affichait encore, pour 10 eurodéputés, des liens vers un site saisi par la justice en juin 2026, près de quatre mois plus tôt.
Ce que dit la loi
En France, diffuser sans son accord un montage à caractère sexuel d’une personne, même fabriqué par IA et présenté comme faux, est puni de deux ans de prison et 60 000 € d’amende, et de trois ans et 75 000 € quand il est diffusé en ligne (article 226-8-1 du Code pénal, créé par la loi du 21 mai 2024). Au niveau européen, le règlement sur les services numériques (DSA) oblige les plateformes à offrir un moyen de signaler un contenu illicite et à traiter chaque signalement avec diligence. Les auteurs de l’étude notent qu’aucun texte européen ne fixe encore de délai précis de retrait, alors que les États-Unis et le Royaume-Uni imposent désormais 48 heures.
Ce que ça change pour vous
Ces images ne visent pas que les personnalités. Un portrait public suffit, une photo de profil ou d’entreprise aussi. Si votre nom renvoie à un montage, il faut agir sur deux fronts. D’abord le contenu lui-même : gardez les preuves (adresse exacte, date, capture), puis signalez chaque page à la plateforme ou à l’hébergeur. Ensuite les résultats de recherche : Google propose un formulaire pour retirer de ses résultats les images à caractère sexuel diffusées sans accord, montages compris. Quand la page a déjà disparu mais que le résultat reste, l’outil de suppression des contenus obsolètes de Google permet de demander son retrait.
Nous agissons pour faire retirer ces contenus à la place des personnes touchées, page par page, et nous relançons tant que les résultats restent visibles.
Si ça vous arrive
Un faux circule déjà ? Un dossier ouvert, un interlocuteur dédié dans l’heure.
Sources
- Agora Digital Transformation, « Targeted and Ignored », note d’octobre 2026 (en anglais)
- Red Hot Cyber, 29 octobre 2026 (en italien)
- Code pénal, article 226-8-1 (Légifrance)
- Règlement (UE) 2022/2065 sur les services numériques, article 16 (EUR-Lex)
- Aide Recherche Google, « Supprimer un contenu à caractère sexuel personnel de la recherche Google »