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Soyons honnêtes : à l'œil nu, c'est devenu très difficile
Les études récentes sont sans appel :
- dans une étude iProov de février 2025 sur 2 000 personnes au Royaume-Uni et aux États-Unis, seulement 0,1 % ont correctement distingué tous les contenus vrais et faux, et les participants étaient 36 % moins susceptibles de repérer une fausse vidéo qu'une fausse image ;
- dans un sondage Ifop de mars 2024 auprès de 2 191 Français, 94 % se sont trompés au moins une fois en essayant de reconnaître des images générées par IA ;
- pour la voix, une étude de l'University College London (2023) a montré que les auditeurs ne détectaient une voix synthétique que 73 % du temps, et qu'un entraînement n'améliorait que légèrement ce score.
Les indices ci-dessous restent utiles, surtout face à des trucages bâclés. Mais leur absence ne prouve rien : un contenu sans défaut visible peut être faux.
Reconnaître une photo truquée
- Les mains et les doigts : nombre de doigts, articulations étranges, mains qui fusionnent avec un objet.
- Les détails fins : dents trop régulières, boucles d'oreilles dépareillées, lunettes asymétriques, cheveux qui se fondent dans le fond.
- Le texte : panneaux, étiquettes ou écrans avec des lettres déformées ou sans sens.
- La lumière et les ombres : ombres qui partent dans des directions différentes, reflets dans les yeux qui ne correspondent pas.
- La peau : trop lisse, aspect « cire » ou « plastique », sans pores ni défauts.
- L'arrière-plan : lignes qui se tordent, objets à moitié formés, personnes floues ou déformées derrière.
- Le raccord du corps (pour les fausses images intimes) : différence de teint ou de grain entre le visage et le corps, cou ou épaules mal raccordés.
Reconnaître une vidéo truquée
- Le contour du visage : bord flou ou qui « tremble » autour du menton, des oreilles ou de la racine des cheveux, surtout quand la personne tourne la tête.
- Les clignements et le regard : yeux qui clignent trop peu ou de façon mécanique, regard un peu fixe.
- La bouche : lèvres pas tout à fait synchronisées avec les mots, intérieur de la bouche flou, dents qui changent d'une image à l'autre.
- Les objets devant le visage : une main, un verre ou un micro qui passe devant le visage fait souvent « glitcher » le trucage.
- Le profil : beaucoup de trucages tiennent de face mais se déforment de profil.
- En appel vidéo : demandez à la personne de tourner la tête, de passer la main devant son visage ou de montrer un objet précis. Ce n'est plus infaillible avec les outils récents, mais cela fait encore échouer des trucages en direct.
Reconnaître une voix clonée
- Le rythme : débit trop régulier, pas d'hésitation, pas de respiration, intonation un peu plate.
- Les émotions : une panique ou une urgence qui sonne « jouée ».
- Le son : bruit de fond absent ou artificiellement uniforme, coupures entre les phrases.
- Le scénario : urgence, demande d'argent, demande de secret, nouveau numéro de téléphone. C'est l'indice le plus fiable, bien plus que le son.
Le bon réflexe : raccrochez et rappelez la personne sur son numéro habituel. Convenez en famille d'un mot de passe à demander en cas d'appel inhabituel. Que faire si votre voix a été clonée.
Les vérifications qui marchent vraiment
- Remonter à la source. Qui a publié en premier ? Un compte créé récemment, sans historique, ou qui ne publie que du contenu choc est un signal d'alerte.
- Faire une recherche d'image inversée (Google Lens, Bing, TinEye) sur une capture : vous trouverez parfois la photo ou la vidéo d'origine, non truquée.
- Chercher si des médias sérieux en parlent. Une déclaration choquante d'une personnalité qui n'est reprise nulle part est suspecte.
- Vérifier les métadonnées de provenance. Certains outils ajoutent des « Content Credentials » (norme C2PA) ou un filigrane invisible. Depuis novembre 2025, l'application Gemini de Google peut dire si une image porte le filigrane SynthID de Google. Limite importante : ces outils ne détectent que les contenus des services qui les utilisent. Une réponse « rien trouvé » ne prouve pas qu'une image est vraie.
- Se méfier des « détecteurs de deepfake » en ligne. Ils donnent un score de probabilité, pas une preuve, et se trompent dans les deux sens.
- Recontacter la personne par un autre canal avant toute décision (virement, partage, réponse).
Et si le deepfake, c'est vous ?
Vous n'avez pas à prouver techniquement qu'un contenu est faux pour le faire retirer : si vous n'avez jamais tourné cette scène ni prononcé ces mots, l'absence de consentement suffit pour le signaler. Gardez les preuves (adresse de la page, capture d'écran), ne payez jamais en cas de chantage, et signalez avec le motif le plus précis. Les 7 premiers réflexes.
Si la personne représentée est mineure : appelez le 3018 (gratuit, anonyme) et signalez sur Pharos. Page dédiée aux mineurs.
Faire retirer un deepfake qui vous vise
Repérer un deepfake de vous est une chose, le faire disparaître partout en est une autre. Nous prenons en charge les signalements, les relances et la recherche des copies chaque semaine, à prix fixe. Faire supprimer un deepfake vous concernant.
Voir les tarifsQuestions fréquentes
Comment savoir si une photo est un deepfake ?
Comment savoir si une vidéo a été faite par IA ?
Existe-t-il un outil fiable pour détecter les deepfakes ?
Comment reconnaître une voix clonée au téléphone ?
Un deep fake peut-il passer en direct, en visioconférence ?
Je pense avoir trouvé un deepfake de moi, dois-je prouver que c'est faux ?
Sources
- iProov, étude « Deepfake Blindspot », 12 février 2025
- Ifop pour Alucare.fr, « Les Français et les jeunes face aux deepfakes », 27 mars 2024
- University College London, « Humans unable to detect over a quarter of deepfake speech samples », 2 août 2023
- Mai et al., « Warning: Humans cannot reliably detect speech deepfakes », PLOS ONE, 2023
- Google, « How we're bringing AI image verification to the Gemini app », 20 novembre 2025
- AI Incident Database, incident 634 (fausse visioconférence, Arup, 2024)
- Pharos