Sommaire
1. Identifiez votre situation
| Ce qui vous arrive | Priorité | Où aller |
|---|---|---|
| Un faux compte ou faux profil se fait passer pour vous sur un réseau social | Faire fermer le compte, prévenir vos contacts | Section 3, et nos guides faux profil par plateforme |
| Votre visage ou votre voix servent à une publicité d'arnaque | Prévenir votre public, faire retirer les pubs | Section 3, et notre guide fausse publicité |
| Un de vos comptes a été piraté et quelqu'un écrit en votre nom | Récupérer le compte | Section 4, 17Cyber |
| Vos papiers, votre RIB ou vos données servent à ouvrir un compte, un crédit, un abonnement | Banque, plainte, Banque de France | Section 5 |
| Un paiement par carte que vous n'avez pas fait | Opposition, puis Perceval | Section 5 |
Plusieurs cases peuvent s'appliquer en même temps : un pirate qui a volé votre compte Instagram peut aussi utiliser votre pièce d'identité trouvée dans vos messages. Traitez d'abord l'argent et les comptes, puis les contenus.
2. Les réflexes communs à toutes les situations
- Gardez les preuves avant de signaler quoi que ce soit : adresse exacte (URL) de chaque compte ou page, captures d'écran datées, messages reçus, références des opérations bancaires. Ne supprimez rien.
- Prévenez vos proches et votre public depuis vos canaux officiels : « Un faux compte / de faux messages circulent à mon nom. Ne répondez pas, n'envoyez jamais d'argent ni de code. »
- Sécurisez vos comptes : changez les mots de passe (en commençant par votre messagerie), activez la double authentification, vérifiez les appareils connectés.
- Ne répondez pas à l'usurpateur et ne négociez pas.
- Notez une chronologie : quand vous l'avez découvert, ce que vous avez signalé, à qui, avec quelle réponse. Elle servira pour la plainte, la banque et les recours.
3. Faux compte, faux profil ou fausse publicité
- Signalez le compte sur la plateforme avec le motif « usurpation d'identité » ou « se fait passer pour moi », pas un motif général. Les étapes détaillées sont dans nos guides Instagram, Facebook, TikTok et LinkedIn.
- Préparez une pièce d'identité : la plupart des plateformes la demandent pour confirmer que vous êtes la personne imitée. Envoyez-la uniquement via le formulaire officiel, jamais à un compte qui vous contacte.
- Signalez chaque publication problématique (photos volées, contenu truqué), en plus du compte.
- Pour une publicité, signalez-la depuis la publicité elle-même et retrouvez les autres publicités du même annonceur. Voir notre guide fausse publicité.
- Si la plateforme refuse ou ne répond pas, utilisez le recours interne qu'elle doit proposer (règlement européen DSA), puis signalez sur Pharos si le contenu est manifestement illicite. Un modèle de demande de retrait est disponible.
- Si le faux compte publie un deepfake de vous, suivez aussi notre guide deepfake.
4. Compte piraté utilisé pour usurper votre identité
- Lancez la procédure de récupération officielle de la plateforme (lien « mot de passe oublié » ou « compte piraté »), depuis l'application ou le site officiel uniquement.
- Sécurisez votre adresse e-mail en premier : c'est elle qui permet de reprendre tous les autres comptes.
- Utilisez 17Cyber, le guichet public d'assistance aux victimes de cybermalveillance lancé en décembre 2024 par la police, la gendarmerie et Cybermalveillance.gouv.fr. En quelques questions, il vous oriente et, dans les cas graves, vous met en relation par messagerie avec un policier ou un gendarme, 24 h/24.
- Prévenez vos contacts que les messages envoyés depuis votre compte pendant le piratage ne viennent pas de vous.
- Pensez à la plainte en ligne : la plateforme publique THESEE permet aux personnes majeures de porter plainte en ligne notamment pour le piratage de messagerie ou de compte de réseau social et pour le chantage en ligne avec demande d'argent.
5. Papiers, données bancaires ou personnelles utilisés à votre nom
Ce cas ne relève pas d'un retrait de contenu : SOS Deepfake n'intervient pas sur la fraude bancaire. Voici les démarches officielles recommandées par la Banque de France et Cybermalveillance.gouv.fr.
- Prévenez votre banque sans attendre : faites opposition si votre carte ou vos moyens de paiement sont compromis, et signalez toute opération suspecte. Prévenez toutes vos banques.
- Paiement par carte que vous n'avez pas fait, carte toujours en votre possession : après l'opposition, signalez la fraude sur Perceval, le téléservice de l'État accessible depuis Service-public.fr via FranceConnect. Le récépissé facilite le remboursement par la banque.
- Portez plainte au commissariat, à la gendarmerie ou par écrit au procureur de la République. Selon le cas, la plainte en ligne THESEE est possible (piratage de compte, escroquerie aux petites annonces, faux sites de vente, chantage en ligne…). Attention : pour une escroquerie aux faux investissements, il faut se déplacer.
- Vérifiez qu'aucun compte n'a été ouvert à votre nom en consultant le fichier FICOBA depuis votre espace particulier sur impots.gouv.fr.
- Vérifiez si vous êtes fiché(e) à la Banque de France (FCC pour les chèques, FICP pour les crédits) depuis votre espace en ligne Banque de France, et recommencez régulièrement. Vous pouvez aussi signaler l'usurpation à la Banque de France (téléphone 34 14, en ligne, ou par courrier avec copie de votre pièce d'identité et de votre plainte).
- Faites refaire les papiers utilisés par l'usurpateur (déclaration de perte ou de vol, puis nouveau titre).
- Faites-vous accompagner : Info Escroqueries au 0 805 805 817 (appel gratuit, du lundi au vendredi, 9 h – 18 h 30) pour être orienté(e), France Victimes au 116 006 (gratuit, 7 j/7) pour un accompagnement.
6. Ce que dit la loi
L'article 226-4-1 du Code pénal punit d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende le fait d'usurper l'identité d'un tiers ou d'utiliser des données permettant de l'identifier en vue de troubler sa tranquillité ou celle d'autrui, ou de porter atteinte à son honneur ou à sa considération. Les mêmes peines s'appliquent en ligne, et elles sont portées à deux ans et 30 000 € quand l'auteur est le conjoint, le concubin ou le partenaire de PACS de la victime. Si l'usurpation sert à obtenir de l'argent, il s'agit en plus d'une escroquerie (article 313-1). Pour savoir quelles suites donner dans votre cas, adressez-vous à un avocat : cette page est une information générale, pas un conseil juridique.
Faire fermer les faux comptes à votre nom
Si l'usurpation passe par des faux comptes, des faux profils ou des publicités qui utilisent votre nom, votre visage ou votre voix, notre service de suppression de faux profils et d'usurpation d'identité en ligne s'en charge : signalements au bon motif avec les justificatifs demandés, relances jusqu'à la fermeture, puis recherche chaque semaine des comptes recréés. Pour la fraude bancaire, les interlocuteurs restent votre banque, la police ou la gendarmerie et la Banque de France.
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L'usurpation d'identité en ligne est-elle un délit ?
Faut-il porter plainte pour faire supprimer un faux compte ?
Quelqu'un a ouvert un crédit avec mes papiers, que faire ?
Comment savoir si un compte bancaire a été ouvert à mon nom ?
Mon compte Instagram a été piraté et le pirate se fait passer pour moi, est-ce de l'usurpation d'identité ?
Ma pièce d'identité a fuité dans une fuite de données, que faire ?
Sources
- Légifrance / code-penal.fr, article 226-4-1 du Code pénal (référence Légifrance LEGIARTI000042193593)
- Cybermalveillance.gouv.fr, « Usurpation d'identité, que faire ? »
- Cybermalveillance.gouv.fr, « 17Cyber, le nouveau réflexe d'assistance en ligne »
- Banque de France, « Agir face à l'usurpation d'identité »
- Ministère de l'Intérieur, « THESEE : la plainte en ligne pour les arnaques sur internet »
- Ministère de l'Intérieur, « Perceval, le téléservice pour signaler en ligne une fraude à la carte bancaire »
- Service-public.fr, annuaire, Info Escroqueries
- Pharos