


Sommaire
1. Quelle arnaque vise vos abonnés ?
Les comptes qui imitent un créateur, un coach, un formateur ou un expert suivent presque toujours les mêmes scénarios. Les reconnaître vous aide à prévenir votre communauté avec les bons mots.
| Ce que reçoivent vos abonnés | Le piège | Où agir en priorité |
|---|---|---|
| « Bravo, vous avez gagné mon concours ! Payez juste les frais de livraison » | Faux concours : le « gagnant » paie et ne reçoit rien, ou donne sa carte bancaire | Sections 3 et 4 |
| « Je vous fais entrer dans mon programme d'investissement / ma formation crypto » | Faux placement ou faux « mentorat » : virements, crypto, promesse de gains | Sections 3, 4 et 7 |
| « Mon compte principal a un souci, suivez-moi ici » | Faux « second compte » ou « compte de secours » qui récupère votre audience | Sections 2 et 4 |
| « Je suis l'assistante de [votre nom] / le service client de sa boutique » | Faux support : il réclame un paiement, un code reçu par SMS ou des identifiants | Sections 3 et 7 |
| Un lien de paiement, une fausse page de commande ou de réservation | Faux lien de paiement, parfois une copie de votre boutique | Section 7 et fausse boutique à votre nom |
| Des réponses à vos commentaires, signées d'un nom presque identique au vôtre | Arnaque dans les commentaires : le faux compte répond sous vos posts et invite à « écrire en privé » | Section 5 |
| Une publicité avec votre visage qui vante un placement | Fausse publicité | Votre visage dans une fausse pub |
Si c'est votre vrai compte qui envoie ces messages, il a probablement été piraté : sécurisez d'abord votre adresse e-mail, changez le mot de passe et activez la double authentification, puis suivez la procédure de récupération de la plateforme.
2. Gardez les preuves, puis signalez le compte vous-même
- Relevez l'identifiant exact du faux compte (le @nom, souvent avec un point, un tiret bas ou une lettre doublée) et l'adresse complète de son profil. Le nom affiché peut changer, l'adresse reste.
- Faites des captures datées du profil, de ses publications et de ses commentaires sous vos posts. Demandez aux abonnés contactés de vous envoyer leurs captures de conversation (nom du compte visible, date, messages, lien de paiement ou adresse crypto). Notre guide garder les preuves avant de signaler détaille la méthode.
- Signalez le compte au motif de l'usurpation d'identité, en précisant que c'est vous qui êtes imité(e). La démarche exacte dépend du réseau : Instagram, TikTok, Facebook, X (Twitter), WhatsApp. Pour une vue d'ensemble, voir faux profil : que faire ?.
- Dites dans votre signalement que le compte arnaque des personnes, et joignez une ou deux captures des messages envoyés. Une usurpation qui sert à demander de l'argent est plus qu'un simple faux profil.
- N'écrivez pas au faux compte et ne le menacez pas : il pourrait bloquer vos abonnés, changer de nom ou effacer ses traces.
3. Prévenez votre communauté tout de suite
Le signalement prend du temps. Pendant ce temps, vos abonnés continuent de recevoir des messages. Votre parole est leur meilleure protection.
- Publiez une story dès que vous êtes alerté(e), puis gardez-la en « à la une » tant que le faux compte circule.
- Épinglez une publication en haut de votre profil. Instagram permet d'épingler jusqu'à 3 publications ; la plupart des réseaux proposent une fonction équivalente.
- Ajoutez une phrase dans votre bio, par exemple : « Je ne vous écrirai jamais en privé pour vous demander de l'argent. Mon seul compte : @votrenom. »
- Ne republiez pas le lien du faux compte et ne le mentionnez pas avec un @ : décrivez-le (« un compte avec ma photo et un point dans le nom ») pour ne pas lui donner de visibilité.
- Prévenez aussi vos autres canaux : newsletter, chaîne YouTube, groupe d'élèves ou de clients. Les arnaqueurs visent souvent les personnes qui vous suivent depuis peu.
Exemple de message court : « ⚠️ Un faux compte utilise ma photo et un nom presque identique au mien. Il écrit en privé pour annoncer de faux gains et demander de l'argent. Ce n'est pas moi. Je ne demande jamais de paiement en message privé, je n'organise aucun concours payant et je n'ai qu'un compte : @votrenom. Ne répondez pas, ne cliquez sur aucun lien, signalez-le et bloquez-le. »
D'autres modèles (story, post, réponse à un abonné inquiet, message pour votre équipe) sont dans notre guide prévenir ses abonnés d'un faux compte.
4. Demandez à vos abonnés de signaler, mais signalez aussi vous-même
Les signalements de vos abonnés aident, mais toutes les plateformes ne leur donnent pas le même poids. Voici ce que disent leurs propres pages d'aide.
- Instagram : tout utilisateur peut signaler un compte depuis l'application. En revanche, le formulaire d'usurpation d'Instagram indique que Meta ne peut agir que sur les signalements de la personne usurpée ou de son représentant autorisé (par exemple un parent), avec une photo de sa pièce d'identité. Le signalement décisif est donc le vôtre.
- Facebook : depuis le profil, « Signaler », puis les instructions pour l'usurpation. Un formulaire existe pour les personnes sans compte Facebook.
- X (Twitter) : la personne imitée ou son représentant utilise le formulaire d'usurpation ; un tiers peut signaler le compte « en tant que témoin » depuis son profil. X précise qu'il n'est pas nécessaire d'avoir un compte X pour signaler une usurpation.
- YouTube : la règle sur l'usurpation prévoit le signalement d'une chaîne qui imite « votre chaîne ou celle d'un autre créateur », par un formulaire dédié. Elle vise aussi les noms modifiés par une faute de frappe ou suivis de mots comme « Officiel » ou « Backup ».
- TikTok : tout utilisateur peut signaler un compte depuis son profil, et TikTok propose un formulaire d'usurpation en ligne (voir notre guide TikTok).
Ce que vous pouvez demander à vos abonnés : signaler le compte (et le message reçu, s'il est arrivé en privé), le bloquer, ne pas répondre, ne jamais envoyer d'argent, de code reçu par SMS ni de photo de pièce d'identité. Inutile de lancer un « signalement de masse » : un seul signalement au bon motif, avec preuves, compte davantage que des centaines de signalements sans détail.
5. Nettoyez vos commentaires : filtres et mots masqués
Les faux comptes adorent répondre sous vos posts, là où vos abonnés vous font confiance. Les filtres intégrés aux plateformes masquent une bonne partie de ces messages.
Instagram : « Mots masqués » (Hidden Words)
- Allez sur votre profil, ouvrez le menu, puis, sous la rubrique consacrée aux interactions des autres avec vous, touchez « Mots masqués ».
- Activez le masquage des commentaires et, si besoin, le filtrage avancé des commentaires.
- Ouvrez la gestion des mots et expressions personnalisés et ajoutez des mots, expressions, chiffres ou émojis séparés par des virgules. La liste peut s'appliquer aux commentaires et aux demandes de message.
TikTok : dans les réglages de confidentialité, rubrique des commentaires, TikTok propose de filtrer les commentaires indésirables (spam et propos offensants), de filtrer des mots-clés choisis par vous, ou de filtrer tous les commentaires pour les approuver avant leur publication.
YouTube : dans YouTube Studio, les paramètres de la communauté permettent d'ajouter des mots bloqués, de choisir un niveau de modération (« Standard », « Stricte » ou « Tout vérifier ») et de mettre en attente les commentaires qui contiennent des liens. Les commentaires retenus restent jusqu'à 60 jours dans l'onglet « En attente », où vous pouvez les approuver.
Quels mots filtrer ? Les variantes de votre pseudo (avec point, tiret bas, chiffre), « gagné », « gagnant », « frais », « WhatsApp », « Telegram », « écris-moi », « en privé », « crypto », « investissement », « bitcoin », et les émojis que les faux comptes utilisent pour attirer l'œil. Les filtres masquent les messages piégés ; ils ne suppriment pas le faux compte. Supprimez aussi à la main les commentaires des faux comptes, après capture.
6. Le badge de vérification : utile, à certaines conditions
Un badge aide vos abonnés à reconnaître le vrai compte. Les conditions changent souvent : vérifiez-les sur les pages officielles avant de vous lancer.
- Instagram et Facebook : Meta propose un abonnement payant pour les créateurs (Meta Verified) qui donne un badge après vérification de votre identité, avec une pièce d'identité qui doit correspondre au nom du profil. Meta annonce une surveillance proactive des comptes qui se font passer pour vous. Les conditions d'éligibilité sont détaillées dans le centre d'aide d'Instagram.
- X : la coche bleue signifie un abonnement X Premium et le respect de critères d'éligibilité, mais X précise qu'elle ne signifie pas que l'identité a été vérifiée. Une vérification d'identité est proposée à part, en option.
- TikTok : TikTok indique qu'un badge signifie que le compte appartient bien à la personne qu'il représente, et tient compte de critères comme l'authenticité, le caractère unique et l'activité du compte. Une demande de vérification peut être déposée.
- YouTube : le badge s'obtient en général à partir de 100 000 abonnés, avec une chaîne authentique et complète et la validation en deux étapes activée sur le compte Google (YouTube Studio, paramètres de la chaîne).
Un badge ne vous protège pas de l'usurpation : il aide seulement vos abonnés à faire la différence. Rappelez-leur de vérifier l'identifiant exact, pas seulement la photo.
7. Un abonné a payé : comment l'aider
Vous n'êtes pas l'auteur de l'arnaque, et la victime de l'escroquerie, c'est l'abonné : c'est donc à lui d'agir. Voici quoi lui conseiller.
- Appeler sa banque tout de suite. La gendarmerie conseille de s'adresser à sa banque pour tenter de faire annuler le paiement. Si des données de carte ont été données, il faut aussi faire opposition. Un paiement validé par la victime elle-même n'est pas remboursé automatiquement.
- Porter plainte au commissariat, à la gendarmerie ou par écrit au procureur de la République. Pour certaines escroqueries en ligne, la plainte peut se faire en ligne via THESEE, si les conditions sont remplies (service-public.fr). Les services de police et de gendarmerie sont tenus d'enregistrer la plainte.
- Signaler sur Pharos, la plateforme officielle de signalement des contenus et comportements illicites en ligne, dont les escroqueries. Un signalement n'est pas une plainte.
- Appeler Info Escroqueries au 0 805 805 817 (numéro gratuit) pour être orienté, ou consulter 17Cyber.
- Se méfier des « récupérateurs » de fonds : après une arnaque, d'autres comptes promettent de récupérer l'argent contre paiement. C'est une seconde arnaque (voir arnaque au faux service de suppression).
De votre côté :
- Ne remboursez pas vous-même et ne demandez aucun virement « pour régulariser » : cela brouille les preuves et ce n'est pas votre rôle.
- Gardez tout : captures envoyées par les abonnés, dates, adresses des comptes. Elles montrent que vous n'êtes pour rien dans l'arnaque.
- Vous pouvez porter plainte vous aussi, pour usurpation d'identité. Une plainte permet aux enquêteurs de demander à la plateforme l'identité du titulaire du compte : la plateforme ne vous la donnera pas directement.
- Si le faux compte se présente comme votre service client, prévenez aussi vos vrais clients par e-mail et rappelez les seuls moyens de paiement que vous utilisez.
8. Le faux compte revient en série
Un compte supprimé est souvent remplacé par un autre, avec un point de plus ou une lettre de moins. C'est fréquent, et la bonne réponse est la régularité.
- Tenez une liste : identifiant, date de découverte, date du signalement, référence, réponse. Elle vous fait gagner du temps à chaque nouveau compte.
- Signalez chaque nouveau compte, en indiquant qu'il s'agit d'une nouvelle copie d'un compte déjà supprimé, avec la référence de l'ancien signalement.
- Laissez la phrase dans votre bio et la publication épinglée en place : c'est votre protection permanente.
- Gardez vos filtres à jour avec les nouvelles variantes de votre pseudo.
- Utilisez le DSA si la plateforme ne réagit pas : le règlement européen sur les services numériques (article 16) oblige les hébergeurs à offrir un mécanisme de notification des contenus illicites, et l'article 23 prévoit que les plateformes suspendent, après avertissement, les utilisateurs qui fournissent fréquemment des contenus manifestement illicites. Notre modèle de demande de retrait donne la formulation.
- Portez plainte si cela dure : seule une enquête permet de remonter jusqu'à la personne derrière les comptes.
9. Ce que dit la loi
En France, usurper l'identité d'un tiers ou utiliser des données permettant de l'identifier, pour troubler sa tranquillité ou celle d'autrui ou porter atteinte à son honneur ou à sa considération, est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende, y compris en ligne (article 226-4-1 du Code pénal). Tromper une personne par l'usage d'un faux nom ou de manœuvres frauduleuses pour qu'elle remette de l'argent est une escroquerie, punie de cinq ans d'emprisonnement et de 375 000 € d'amende (article 313-1). Côté plateformes, le règlement européen sur les services numériques (DSA) impose un mécanisme de notification (article 16), une décision motivée (article 17) et un recours interne (article 20). Cette page est une information générale, pas un conseil juridique : pour votre cas, adressez-vous à un avocat. Plus de détails dans usurpation d'identité : que faire ?.
Ce que nous faisons à votre place
Si les faux comptes reviennent sans arrêt, ou s'ils touchent plusieurs réseaux en même temps, notre service de suppression de faux profils et d'usurpation d'identité prend le relais : nous recherchons les comptes qui utilisent votre nom et vos photos, les signalons au bon motif avec les preuves demandées et relançons jusqu'à la réponse de la plateforme. Avec le Bouclier en ligne, nous continuons ensuite à veiller : chaque jour, une vérification automatisée. Chaque semaine, un check-up complet de votre présence en ligne. Dès qu'on trouve, on agit. Notre équipe et nos technologies d'IA cherchent, prouvent, signalent et relancent, avec une efficacité redoutable. Chaque signalement est vérifié avant l'envoi. Vous êtes créateur, coach, formateur ou expert ? Voir aussi notre page pour les professionnels visibles. Nous ne pouvons pas rembourser vos abonnés ni identifier l'auteur : cela relève de la banque et de la justice. Aucun résultat n'est garanti, la décision finale appartenant à la plateforme. Prix fixe, remboursé si aucune démarche n'est possible : voir la page tarifs. Des contenus privés fuitent ou un faux compte arnaque vos proches en ce moment ? Voir l'Intervention d'urgence.
Si une personne mineure est concernée ou en danger, appelez le 3018 (numéro gratuit) ou signalez sur Pharos, et le 112 en cas d'urgence.
Vérifié par Léo, fondateur de SOS Deepfake.
Voir les tarifsFAQ
Suis-je responsable si mes abonnés se font arnaquer par un faux compte à mon nom ?
Mes abonnés peuvent-ils faire supprimer le faux compte à ma place ?
Combien de signalements faut-il pour supprimer un faux compte ?
Faut-il prendre un badge de vérification ?
Le faux compte a été supprimé, puis il revient : que faire ?
Sources
- Instagram, formulaire « Report an impersonation account on Instagram or Threads »
- Instagram, « Report an impersonation account »
- Instagram, Hidden Words (Mots masqués)
- Instagram, « Pin a post to the top of your profile »
- Instagram, conditions d'éligibilité Meta Verified pour les créateurs
- Meta, « About the verified badge for Meta One subscribers »
- Facebook, signaler un compte qui se fait passer pour vous
- X, « Report impersonation accounts »
- X, « About X verified accounts »
- YouTube, règles sur l'usurpation d'identité
- YouTube, gérer et modérer les commentaires (mots bloqués, liens)
- YouTube, badge de validation des chaînes
- TikTok Newsroom, « New tools to promote kindness » (filtres de commentaires)
- TikTok Newsroom, « How to tell if an account is verified on TikTok »
- Service-public.fr, « Escroquerie sur internet » (THESEE, Info Escroqueries)
- Gendarmerie nationale, « Arnaques et escroqueries en ligne : identifier et agir »
- Pharos
- 17Cyber
- Code pénal, article 226-4-1
- Code pénal, article 313-1
- Règlement (UE) 2022/2065 (DSA), art. 16, 17, 20 et 23