Sommaire

1. Quel est votre cas ?

Ce que vous constatezDe quoi s'agit-ilOù aller
Un site vend des produits « à votre nom », avec vos photos ou votre logoFausse boutique, usurpation d'identité, parfois contrefaçon de marqueSections 2 à 4
Des publicités sur Facebook, Instagram ou Google vous montrent (photo, vidéo, voix) pour vendre un produitFausses publicitésSection 5
Un compte ou une page à votre nom relaie le siteFaux profilSection 5, puis faux compte Instagram
Des abonnés disent avoir payé et ne rien avoir reçuEscroquerie à vos dépens et aux leursSections 6 et 7
La vidéo ou la voix dans la pub semble truquéeHypertrucage (deepfake)Section 5 et supprimer un deepfake

2. Gardez les preuves avant tout

Un site frauduleux peut disparaître et réapparaître ailleurs en quelques heures. Ce qui est capturé reste.

  1. Copiez l'adresse exacte du site (URL de la page d'accueil et des fiches produit) et notez le nom de domaine (ce qui suit « www. »).
  2. Faites des captures d'écran complètes avec la date visible : accueil, pages produit, mentions légales (souvent absentes ou fausses), page de paiement, moyens de paiement proposés.
  3. Relevez les mentions du site : nom de société annoncé, adresse, numéro de téléphone, e-mail de contact. Elles sont souvent inventées, mais elles servent aux signalements.
  4. Pour chaque publicité : capture de la pub, nom de la page qui la diffuse, lien vers la publication si possible. Meta et Google tiennent des bibliothèques publiques de publicités (bibliothèque publicitaire de Meta, centre de transparence des publicités de Google) qui peuvent permettre de retrouver une publicité diffusée.
  5. Gardez les messages de vos abonnés qui disent avoir été trompés (avec leur accord pour les citer).
  6. N'achetez rien « pour tester » avec vos vraies données bancaires et ne saisissez aucune information sur le site.

3. Signaler le site : hébergeur et registrar

Un site a un registrar (le prestataire où le nom de domaine a été acheté) et un hébergeur (là où les fichiers du site sont stockés). L'un comme l'autre peut agir, d'où l'intérêt de les signaler tous les deux.

  1. Trouvez le registrar. L'outil officiel ICANN Lookup donne les données d'enregistrement d'un nom de domaine, avec le contact « abuse » du registrar. L'ICANN impose aux registrars accrédités de publier une adresse pour recevoir les signalements d'abus et de prendre des mesures raisonnables et rapides pour enquêter. L'ICANN elle-même ne gère pas les contenus des sites.
  2. Trouvez l'hébergeur. Les outils de recherche d'adresse IP et de « whois » indiquent le plus souvent le fournisseur. Parfois, un service intermédiaire s'affiche à la place de l'hébergeur réel : signalez-le quand même, en indiquant que vous cherchez l'hébergeur.
  3. Rédigez un signalement précis. Au sein de l'Union européenne, le règlement sur les services numériques (DSA, article 16) prévoit qu'un hébergeur doit offrir un moyen de notifier un contenu illicite. Une notification complète contient : une explication de ce qui est illicite, l'adresse exacte (URL), votre nom et votre e-mail, et une déclaration de bonne foi. Reprenez la structure de notre modèle de demande de retrait.
  4. Dites clairement ce qui est faux : « Ce site utilise mon nom, mes photos et ma marque sans autorisation pour vendre des produits que je ne propose pas. Je n'ai aucun lien avec ce site. »
  5. Pour un nom en .fr, l'Afnic, qui gère l'extension, traite les abus liés aux noms de domaine (vérification des titulaires, procédures de règlement des litiges comme Syreli et PARL Expert), pas le contenu des sites. C'est une voie à étudier si vous avez un droit sur le nom (marque, nom commercial).
  6. Si le registrar ne répond pas, un signalement au service de conformité de l'ICANN est possible : formulaire de plainte.

4. Faire bloquer le site dans Google et les navigateurs

  1. Signalez le site à Google Safe Browsing si le site se fait passer pour vous ou collecte des paiements et des données : formulaire de signalement d'hameçonnage. Google l'étudie, et une page jugée dangereuse peut s'afficher avec un avertissement dans les navigateurs qui utilisent Safe Browsing. Le délai n'est pas garanti.
  2. Pour des sites qui diffusent des logiciels malveillants, il existe aussi le formulaire « badware ».
  3. Signalez les pages dans la recherche Google avec le formulaire de signalement de spam si le site manipule les résultats. N'y mettez pas de données personnelles : le contenu peut être transmis au propriétaire du site.
  4. Retrait d'un résultat pour motif juridique (droit d'auteur, vie privée, etc.) : Google demande d'essayer d'abord le signalement dans le produit concerné, puis de déposer un formulaire séparé pour un motif légal. Voir supprimer un résultat Google.

5. Fausses pubs et faux comptes : Meta et Google

Publicités sur Facebook et Instagram. Depuis la publicité, le menu « … » permet en général de la signaler comme arnaque ou comme usurpation ; choisissez le motif qui décrit le mieux le problème (arnaque, usurpation d'identité d'une personne connue). Le centre d'aide de Facebook propose aussi deux formulaires : « Signaler un profil ou une Page se faisant passer pour vous ou pour quelqu'un d'autre » et un formulaire pour une Page usurpant une personnalité publique. Les intitulés exacts peuvent changer.

Reconnaissance faciale contre les publicités avec des célébrités. Meta a annoncé en 2025 étendre à l'UE et au Royaume-Uni un outil de reconnaissance faciale pour repérer les publicités frauduleuses qui utilisent le visage de personnalités ; les personnalités s'y inscrivent volontairement en Europe. Si vous avez une large audience, consultez le Scam Protection Center de Meta pour voir ce qui existe.

Marque. Si votre nom, votre pseudo ou votre logo est une marque déposée, utilisez les formulaires de propriété intellectuelle de Meta (centre de signalement de la propriété intellectuelle) : le motif « marque » est un motif distinct du motif « arnaque » et peut être traité par une équipe différente. Un signalement par motif est préférable.

Publicités sur Google. Sur une annonce Google, ouvrez le menu « Plus » ou « Infos », cliquez sur Signaler l'annonce, choisissez le motif, ajoutez des détails et cliquez sur Envoyer ; vous recevez une confirmation par e-mail et l'équipe Confiance et sécurité de Google examine l'annonce. Les règles publicitaires de Google interdisent notamment d'usurper une autre marque pour masquer son identité. Si la publicité reprend votre marque, Google propose aussi un formulaire de plainte pour atteinte à une marque.

Autres plateformes. TikTok, YouTube, X et les marketplaces ont leurs propres formulaires : notre guide faux compte X détaille celui de X.

Attention aux faux « services de retrait ». Si quelqu'un vous contacte après votre signalement en prétendant être le support de la plateforme et demande de l'argent ou vos identifiants, ne répondez pas.

6. Signalements officiels en France

  1. THESEE : service de plainte en ligne du ministère de l'Intérieur pour les arnaques sur internet, notamment les faux sites de vente. Il est ouvert aux majeurs particuliers ; l'IBAN utilisé pour le paiement est demandé. Si vous n'avez pas payé vous-même, ce sont vos abonnés victimes qui peuvent l'utiliser. Un professionnel doit se déplacer au commissariat ou à la gendarmerie.
  2. Pharos, sur internet-signalement.gouv.fr : signalement des contenus illicites, dont la catégorie fraude. Pour les escroqueries, Pharos renvoie vers THESEE pour la plainte.
  3. SignalConso, sur signal.conso.gouv.fr : service public gratuit géré par le ministère de l'Économie. Les signalements sont transmis à l'entreprise concernée et à la DGCCRF. Utile pour un site qui vend, même s'il est frauduleux.
  4. Signal Arnaques, sur signal-arnaques.com : site communautaire d'information et de signalement, qui revendique près de 540 000 signalements. C'est un site privé, pas un service de l'État : utile pour alerter, pas pour obtenir un retrait.
  5. Info Escroqueries : 0 805 805 817 (service-public.fr), pour être orienté (lundi au vendredi).
  6. Plainte : au commissariat, à la gendarmerie ou par écrit au procureur de la République. Le délai pour porter plainte pour escroquerie est de 6 ans à compter du dernier acte.

7. Prévenir votre communauté

  1. Publiez un message clair, épinglé, en story et dans votre bio : « Un site [nom] utilise mon nom et mes photos pour vendre. Ce n'est pas moi. Ma seule boutique est [adresse officielle]. »
  2. Ne mettez pas le lien du faux site en clair (pour ne pas lui donner de trafic) : donnez le nom du domaine sans lien cliquable.
  3. Donnez la marche à suivre à ceux qui ont payé : contacter leur banque rapidement pour tenter d'annuler le paiement, conserver les preuves, porter plainte (THESEE ou commissariat) et signaler sur SignalConso.
  4. Dites où vous êtes réellement : liste de vos vrais comptes et de votre vraie boutique. Évitez les messages privés alarmistes.
  5. Surveillez les commentaires : les faux comptes répondent souvent « c'est ici » avec un lien. Signalez-les et supprimez-les.
  6. Ne répondez pas aux menaces ou au chantage : si le faussaire vous écrit, ne payez pas et gardez le message.

8. Ce que dit la loi

Information générale, pas un conseil juridique.

  • Usurpation d'identité (article 226-4-1 du Code pénal) : utiliser l'identité d'un tiers ou des données permettant de l'identifier pour troubler sa tranquillité ou porter atteinte à son honneur est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende, y compris en ligne.
  • Escroquerie (article 313-1 du Code pénal) : tromper une personne par l'usage d'un faux nom ou de manœuvres frauduleuses pour la pousser à remettre de l'argent est une escroquerie, punie de 5 ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende selon service-public.fr.
  • Droit à l'image et à la vie privée (article 9 du Code civil) : l'utilisation d'une photo ou d'une vidéo reconnaissable sans autorisation peut être contestée. Service-public.fr indique de demander le retrait à l'éditeur, de signaler à la plateforme, de porter plainte ou d'agir en référé pour un retrait urgent.
  • Marque (Code de la propriété intellectuelle, article L. 716-1) : l'atteinte à une marque enregistrée constitue une contrefaçon. Votre nom ou votre pseudo n'est protégé comme marque que s'il est déposé (INPI, EUIPO). Sinon, d'autres fondements peuvent exister (usurpation, concurrence déloyale) : un avocat pourra vous dire lesquels.
  • Pratiques commerciales trompeuses : vendre sous un faux nom ou en laissant croire à un lien avec vous peut relever du Code de la consommation (article L. 121-2), ce qui justifie un signalement à la DGCCRF via SignalConso.

La suite à donner à votre cas dépend des faits : pour savoir s'il faut déposer plainte, une marque ou agir en justice, adressez-vous à un avocat. Voir aussi usurpation d'identité : que faire ? et faux site qui copie votre entreprise.

Faire retirer la fausse boutique et ses copies

Si le site revient sous d'autres noms de domaine ou que les publicités se multiplient, notre service de suppression de faux profils et d'usurpation d'identité et notre offre de protection de marque prennent le relais : nous recherchons les sites, pages et publicités à votre nom, préparons chaque signalement au bon motif avec les preuves demandées et relançons. Notre équipe et nos technologies d'IA cherchent, prouvent, signalent et relancent, avec une efficacité redoutable. Chaque signalement est vérifié avant l'envoi. Prix fixe, remboursé si aucune démarche n'est possible. Des contenus privés fuitent ou un faux compte arnaque vos proches en ce moment ? Voir l'intervention d'urgence. Aucun résultat n'est garanti : la décision finale appartient à l'hébergeur ou à la plateforme. Détails sur la page tarifs. Pour une plainte ou une action en justice, adressez-vous à la police, à la gendarmerie ou à un avocat.

Si une personne mineure est concernée ou en danger, appelez le 3018 ou signalez sur Pharos ; en cas de danger immédiat, composez le 112.

Vérifié par Léo, fondateur de SOS Deepfake.

Voir les tarifs

FAQ

Peut-on faire fermer un faux site soi-même ?
Non, on le signale : le registrar ou l'hébergeur décide. Les deux peuvent agir, et un signalement bien documenté aide. Aucun retrait n'est garanti.
Faut-il avoir déposé son nom comme marque ?
Non pour signaler une usurpation ou une arnaque. Une marque déposée ajoute un motif de signalement (contrefaçon) et un fondement juridique supplémentaire.
Mes abonnés ont payé : que doivent-ils faire ?
Contacter leur banque sans attendre, garder les preuves, signaler le site et porter plainte (THESEE pour un faux site de vente). Vous pouvez leur donner ce guide.
Le site réapparaît sous un autre nom de domaine. Que faire ?
C'est fréquent. Recommencez avec la même méthode et gardez la liste de tous les domaines : elle sert pour la plainte et pour l'hébergeur. Surveillez aussi les pubs.
Puis-je savoir qui est derrière le faux site ?
Les données d'enregistrement du domaine sont souvent masquées ou fausses. Seule une procédure judiciaire (plainte, puis réquisitions) permet en général d'aller plus loin.

Sources

  1. ICANN, « Registrar Abuse »
  2. ICANN Lookup
  3. ICANN, plainte de conformité
  4. Afnic, observatoire des abus sous .fr
  5. Règlement (UE) 2022/2065 (DSA), art. 16
  6. Google, signaler le hameçonnage (Safe Browsing)
  7. Google, Reporting Incorrect Data (Safe Browsing)
  8. Google Search Central, signaler des problèmes de qualité
  9. Google, signaler une annonce
  10. Google Ads, Misrepresentation policy
  11. Google Ads, complaints
  12. Google, demandes légales
  13. Meta, Scam Protection Center
  14. Engadget, Meta et la reconnaissance faciale (UE)
  15. Meta, Transparency Center, propriété intellectuelle
  16. Facebook, signaler un profil ou une Page qui se fait passer pour vous
  17. Pharos / Ma Sécurité, « Pharos se modernise »
  18. THESEE
  19. Service-public.fr, fraude liée à un achat sur internet
  20. Service-public.fr, droit à l'image
  21. SignalConso
  22. Signal Arnaques
  23. DGCCRF, achats en ligne
  24. Code pénal, art. 226-4-1