


Sommaire
1. Quelle est votre situation ?
| Ce que vous constatez | Votre cas | Quoi faire |
|---|---|---|
| Une vidéo ou une publicité vous montre en train de recommander un remède, un complément ou une « cure », souvent avec une image ou une voix truquée par IA | Fausse publicité, souvent un deepfake | Sections 2, 3 et 5, et notre guide fausse publicité |
| Un compte Instagram, Facebook ou autre porte votre nom et votre photo, et écrit à des patients | Faux compte, usurpation d'identité | Sections 2 et 3, guides faux compte Instagram et faux compte Facebook |
| Un site, un compte ou une messagerie propose des « consultations » ou « téléconsultations » en votre nom, payées d'avance | Fausse téléconsultation, escroquerie probable | Sections 2, 5 et 7 |
| Des patients reçoivent des appels ou des messages vocaux avec votre voix | Voix clonée | Section 6 et guide voix clonée par IA |
| Un site vend un produit « recommandé par le Dr… » ou « formulé par une pharmacienne » qui n'existe pas | Pratique commerciale trompeuse, parfois produit de santé illégal | Section 5 |
| Des patients vous demandent si c'est bien vous | Répondre sans rompre le secret | Section 6 |
Le phénomène est documenté. En septembre 2024, Le Quotidien du Médecin décrivait des publicités mensongères qui utilisent l'image de figures d'autorité de la santé, manipulée par IA, pour vendre des cures « miracle » contre le diabète ou l'hypertension. Les médecins connus sont les plus visés, mais un nom, une photo de profil et un titre suffisent pour monter un faux compte.
2. Les premiers gestes, avant tout signalement
- Faites des captures d'écran datées de chaque publicité, compte, page ou message, et notez l'adresse exacte (URL) de chacun. Pour une publicité, notez aussi le nom de l'annonceur et le site vers lequel elle renvoie. La méthode complète est dans notre guide garder des preuves avant de signaler.
- Ne cliquez sur aucun lien, n'achetez rien, ne répondez pas au faux compte. Ne commentez pas sous la publicité : votre mise au point a sa place sur vos propres canaux (section 6).
- Demandez à votre entourage professionnel (secrétariat, associés, confrères, pharmacie voisine) de vous transmettre les captures des contenus qu'ils voient passer, plutôt que de les partager.
- Gardez les messages des patients qui vous alertent dans votre messagerie professionnelle, pas dans un groupe partagé ni sur un réseau social : ils restent couverts par le secret (section 6).
- Tenez un journal de vos démarches : date, plateforme, motif choisi, numéro de suivi, réponse. Il servira auprès de l'Ordre, de la police et de votre assureur.
3. Faire retirer les publicités et les faux comptes
Le pas à pas plateforme par plateforme (Facebook, Instagram, Google, YouTube, TikTok, bibliothèques publicitaires) est dans notre guide fausse publicité avec votre visage. Pour les comptes : faux compte Instagram, faux compte Facebook, faux compte TikTok, faux compte X, faux compte WhatsApp, faux profil LinkedIn. Ce qui change quand vous êtes soignant :
- Signalez chaque publicité une par une, au motif de l'arnaque ou de l'usurpation d'identité. Les règles Google Ads interdisent d'utiliser le nom, l'image ou la voix d'une personnalité publique pour faire croire qu'elle soutient un produit sans son accord, y compris avec des vidéos générées par IA : citez cette règle quand elle s'applique.
- Dites qui vous êtes dans le texte libre du signalement. Par exemple : « Je suis [profession], [nom], inscrit(e) au répertoire RPPS sous le numéro [numéro]. Je n'ai jamais recommandé ce produit ni donné mon accord. Cette publicité utilise mon nom et mon image, modifiés par IA, pour présenter comme un traitement un produit que je ne connais pas. Elle expose des patients à un risque pour leur santé. » Votre numéro RPPS est déjà public dans l'Annuaire Santé (section 4) : il aide la plateforme à vérifier que vous existez.
- Utilisez le formulaire d'usurpation d'identité pour la page ou le compte qui diffuse la publicité s'il porte votre nom. Sur Instagram, ce formulaire est réservé à la personne usurpée ou à son représentant autorisé, avec une pièce d'identité. Ne la transmettez que par le formulaire officiel.
- Si un faux site reprend le nom de votre cabinet ou de votre officine, signalez-le à son hébergeur et à son registrar : voir faux site qui copie votre entreprise. S'il apparaît dans Google sous votre nom, voir supprimer un résultat Google.
- En cas de refus ou de silence, notifiez le contenu comme illicite au titre du règlement européen sur les services numériques (DSA, article 16), puis utilisez le recours interne de la plateforme. Notre modèle de demande de retrait donne la formulation.
4. Prévenir votre Ordre et donner à vos patients un moyen de vous vérifier
Médecins. Le commentaire de l'article 20 du Code de déontologie, publié par le Conseil national de l'Ordre des médecins (CNOM), rappelle que le nom du médecin et ses qualités ne peuvent être mentionnés sans son accord. En cas d'utilisation irrégulière, il lui appartient de prendre les initiatives nécessaires pour la faire cesser, « en premier lieu par une mise en demeure, et si nécessaire par une saisine de la juridiction compétente, le cas échéant en référé ». Et : « En cas de difficulté sur les dispositions à prendre, il peut se rapprocher de son conseil départemental. » Ce commentaire vise d'abord les organismes à qui le médecin a donné son nom, mais la logique est la même face à un escroc : réagir, et pouvoir montrer que vous avez réagi.
Un simple e-mail ou courrier à votre conseil départemental suffit en général. Indiquez-y :
- ce qui circule, avec les captures et les adresses ;
- le fait que vous n'avez donné aucun accord et ne vendez aucun produit ;
- les démarches déjà faites (signalements, Pharos, plainte) ;
- une demande de conseil sur la suite, si vous en avez besoin.
Vous gardez ainsi une trace datée, et l'institution est au courant si des patients ou des confrères l'interrogent.
Autres professions de santé. Il existe en France sept ordres pour les professions de santé : médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, pharmaciens, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues et infirmiers. Si vous relevez de l'un d'eux, faites la même démarche auprès de son instance locale. Les psychologues ne figurent pas parmi ces professions dotées d'un ordre : gardez votre journal de démarches et, si vous exercez dans une structure, prévenez sa direction.
Un moyen simple pour vos patients de vous vérifier. L'Annuaire Santé, tenu par l'Agence du numérique en santé, recense les professionnels enregistrés dans le répertoire RPPS. En accès libre, on y trouve le numéro RPPS, le nom d'exercice, la profession, les qualifications et les coordonnées des lieux d'exercice. Dites à vos patients qu'en cas de doute, ils peuvent y vérifier vos coordonnées et appeler le cabinet au numéro qui y figure, jamais au numéro donné par une publicité.
5. Le produit, le site ou la fausse consultation : signaler aux autorités
- Pharos. Signalez la publicité, le site ou le faux compte sur internet-signalement.gouv.fr, la plateforme du ministère de l'Intérieur pour les contenus illicites en ligne, dont les escroqueries. C'est aussi la voie qu'utilise l'ANSM : en 2025, elle y a fait une vingtaine de signalements visant une dizaine de sites qui vendaient illégalement des médicaments aGLP-1. Un signalement n'est pas une plainte.
- Si un médicament est en cause (vendu sans ordonnance, présenté comme une version « naturelle » d'un traitement, ou contrefait), dites-le dans le signalement et dans la plainte. L'ANSM rappelle que les produits vendus hors du circuit légal peuvent être contrefaits et mettre en danger la santé de ceux qui les utilisent. Pour les aGLP-1, elle a saisi le procureur de la République dès avril 2025 au sujet de publicités non autorisées auprès du grand public.
- Si un patient a pris le produit et présente un effet indésirable, il peut, comme vous, le déclarer sur le portail de signalement des événements sanitaires indésirables (médicaments, dispositifs médicaux). Depuis le 1er janvier 2024, les effets liés aux cosmétiques relèvent de l'Anses.
- SignalConso pour vos patients. SignalConso s'adresse aux consommateurs : un patient qui a acheté le produit peut y signaler le vendeur. Le signalement entre dans la base de la DGCCRF, qui peut contrôler l'entreprise. La DGCCRF a déjà sanctionné, par 300 000 € et 100 000 € d'amende, deux sociétés qui présentaient faussement des compléments alimentaires comme de nature à guérir des maladies et se présentaient comme des « laboratoires ».
- Pharmaciens : la fausse pharmacie en ligne. L'Ordre national des pharmaciens tient la liste des sites autorisés à vendre des médicaments en ligne. Un site légal affiche le logo commun européen ; en cliquant dessus, on vérifie qu'il figure sur cette liste. Si votre officine est copiée, renvoyez vos patients vers cette vérification.
- Si des patients ont payé une fausse consultation ou un produit : qu'ils appellent leur banque tout de suite et portent plainte. Info Escroqueries (0 805 805 817, numéro gratuit) et 17Cyber les orientent. Ne proposez pas de les rembourser vous-même : ce n'est pas à vous de le faire.
6. Prévenir vos patients sans rompre le secret
Le message, court, à adapter : « Attention : des publicités et des comptes utilisent mon nom, ma photo et parfois ma voix pour vendre [un traitement, un complément, des consultations en ligne]. Ce n'est pas moi. Je ne vends aucun produit sur internet et je ne propose pas de consultation par messagerie privée. Pour prendre rendez-vous, passez uniquement par [le téléphone du cabinet, votre service de prise de rendez-vous habituel]. En cas de doute, appelez le cabinet. »
Où le diffuser :
- En salle d'attente et à l'accueil : une affiche, et une phrase pour le secrétariat quand un patient pose la question.
- Sur le site du cabinet et sur vos comptes professionnels, en publication épinglée.
- Sur le message d'accueil du répondeur, le temps que les publicités circulent.
- Sur votre page de prise de rendez-vous en ligne, si votre outil permet d'y afficher une information (vérifiez dans ses réglages ou auprès de son support).
- Aux confrères et pharmacies qui vous adressent des patients, pour qu'ils puissent répondre.
Le secret, même sous une fausse publicité. « Le secret professionnel, institué dans l'intérêt des patients, s'impose à tout médecin », et il couvre « tout ce qui est venu à la connaissance du médecin dans l'exercice de sa profession » (article R.4127-4 du Code de la santé publique). Plus largement, toute personne prise en charge par un professionnel de santé a droit au respect de sa vie privée et du secret des informations la concernant (article L1110-4 du même code). Concrètement :
- Ne répondez jamais publiquement à un patient sur son état ou son traitement, ni même pour confirmer qu'il est votre patient, y compris s'il commente sous la publicité ou sous votre alerte.
- Utilisez une réponse publique neutre : « Je ne réponds pas ici aux questions personnelles. Pour toute question sur votre santé, contactez le cabinet. »
- Si un patient vous dit avoir pris le produit ou arrêté un traitement à cause de la publicité, voyez-le en consultation, pas par message public.
- Ne joignez aucune donnée de santé à vos signalements, à votre courrier à l'Ordre ni à votre plainte. Un patient qui a été escroqué peut porter plainte lui-même.
Si c'est votre voix. Une étude McAfee a montré que trois secondes d'audio suffisaient à produire un clone avec une correspondance de 85 % avec la voix d'origine : une interview ou une vidéo en ligne suffit. Prévenez votre secrétariat et vos patients que vous n'appelez jamais pour vendre un produit, et voir notre guide voix clonée par IA.
7. Porter plainte : ce que dit la loi
- Les infractions en jeu. Usurper l'identité d'un tiers ou utiliser des données permettant de l'identifier pour troubler sa tranquillité ou porter atteinte à son honneur ou à sa considération est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende, avec les mêmes peines quand c'est commis en ligne (article 226-4-1 du Code pénal). Depuis la loi du 21 mai 2024 (dite « SREN »), diffuser sans consentement un contenu généré par IA représentant une personne, quand il n'apparaît pas à l'évidence qu'il s'agit d'un trucage, est aussi puni (article 226-8). Si des patients ont payé, il peut s'agir d'une escroquerie, punie de cinq ans d'emprisonnement et de 375 000 € d'amende (article 313-1).
- Où porter plainte. Au commissariat, à la gendarmerie, ou par écrit au procureur de la République. Apportez vos captures, les adresses, votre journal de démarches et la copie de votre courrier à l'Ordre.
- Votre assurance professionnelle. Si votre contrat comprend une protection juridique, déclarez-lui la situation : selon le contrat, elle peut vous orienter ou prendre en charge une partie des frais d'avocat.
- Qui est derrière ? Les plateformes ne vous donneront pas l'identité de l'auteur. Seule une procédure judiciaire (plainte, puis réquisition des enquêteurs) permet de l'obtenir.
Cette page est une information générale, pas un conseil juridique : pour votre situation, adressez-vous à un avocat. Plus de détails dans usurpation d'identité : que faire ?.
Ce que nous faisons à votre place
Quand les publicités et les faux comptes reviennent plus vite que vous ne pouvez les signaler, entre deux consultations, notre service de suppression de faux profils et d'usurpation d'identité prend le relais. Notre page Pour les professionnels visibles explique comment nous travaillons avec les soignants, dirigeants et créateurs. Nous retrouvons les publicités d'un même fraudeur et les comptes à votre nom, nous les signalons avec le bon motif et des preuves datées, puis nous relançons. Notre équipe et nos technologies d'IA cherchent, prouvent, signalent et relancent, avec une efficacité redoutable. Chaque signalement est vérifié avant l'envoi. Ensuite, le Bouclier en ligne reste en place : chaque jour, une vérification automatisée. Chaque semaine, un check-up complet de votre présence en ligne. Dès qu'on trouve, on agit. Nous ne remplaçons ni votre Ordre, ni la police, ni un avocat. Ne nous transmettez aucune donnée de santé de vos patients : nous n'en avons pas besoin. Aucun résultat n'est garanti, la décision finale appartenant à la plateforme. Prix fixe, remboursé si aucune démarche n'est possible : voir la page tarifs. Des contenus privés fuitent ou un faux compte arnaque vos proches en ce moment ? Voir l'Intervention d'urgence.
Si une personne mineure est concernée ou en danger, appelez le 3018 (numéro gratuit) ou signalez sur Pharos, et le 112 en cas d'urgence.
Vérifié par Léo, fondateur de SOS Deepfake.
Voir les tarifsFAQ
Puis-je être mis en cause par l'Ordre à cause d'une fausse publicité ?
Dois-je répondre aux patients qui commentent la publicité ?
La plateforme me demande une pièce d'identité. Est-ce normal ?
Je suis kiné, psychologue ou pharmacienne : les démarches sont-elles les mêmes ?
Les publicités vont-elles revenir ?
Sources
- Le Quotidien du Médecin, « Les deepfakes de médecins connus, un phénomène qui s'emballe au service d'arnaques commerciales » (16 septembre 2024)
- CNOM, Code de déontologie, article 20 (R.4127-20 CSP) et commentaire
- CNOM, Code de déontologie, article 4 (R.4127-4 CSP), secret professionnel
- ARS Nouvelle-Aquitaine, « Ordres des professions de santé et leurs chambres spécialisées »
- Annuaire Santé (Agence du numérique en santé)
- ANSM, « Lutte contre la vente et la publicité illégale de médicaments aGLP-1 : les actions de l'ANSM » (11 septembre 2025, mis à jour le 18 novembre 2025)
- ANSM, « Vente de médicament sur internet hors du circuit légal : attention aux falsifications »
- ANSM, « Comment déclarer si vous êtes patient ou usager »
- Portail de signalement des événements sanitaires indésirables
- Santé.fr, « Les sites autorisés de vente en ligne de médicaments »
- SignalConso, « Comment ça marche »
- DGCCRF, amendes de 300 000 € et 100 000 € contre les sociétés Cell'innov et Olliscience (2 août 2023)
- Service-public.fr, « Usurpation d'identité »
- Code pénal, article 226-4-1 (texte lu sur https://code-penal.fr/article-226-4-1-a42193593.html)
- Code pénal, articles 226-8 et 313-1
- Code de la santé publique, article L1110-4
- Règles Google Ads, pratiques commerciales inacceptables
- Instagram, formulaire de signalement d'usurpation d'identité
- Règlement (UE) 2022/2065 (DSA), art. 16
- McAfee, « Artificial Imposters » (clonage de voix)
- Pharos
- 17Cyber